Par Irène Carpentier
6e Congrès des études sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans du GIS MOMM
Strasbourg, 26 juin 2025
Partie 1 : Des institutions et des organisations à réinventer face aux défis
du réchauffement climatique
Résumé en français
Dans un contexte global marqué par les chocs géopolitiques, la crise climatique, et la perturbation des marchés alimentaires, l’autonomie productive locale est devenue un enjeu central. Dans le sud tunisien, l’expansion continue des périmètres irrigués en palmiers dattiers alimentent les marchés d’exportations, tandis que les filières d’élevages pastoral sont particulièrement sous pression. Dans les vastes parcours sahariens qui lient Douz et Médenine, le lien entre arboriculture oasienne et élevage extensif est en redéfinition. Si la conquête des arbres se fait sur les terres de parcours, la transformation des sous-produits des palmiers (dattes communes, noyaux, branches) pour l’alimentation animale construit un nouveau marché et ouvrent de nouvelles perspectives pour les éleveurs. Portée par une dynamique entrepreneuriale fragmentée, et soutenue par les institutions locales, et les organisations de producteurs, le broyage et la transformation des sous-produits de l’arboriculture visent à répondre à une demande croissante des éleveurs, dans un contexte de sécheresse, de dégradation des parcours, et d’explosion du coût des concentrés.
Il s’agira ainsi d’éclairer en quoi ce nouveau marché de l’alimentation animale s’inscrit dans une reconfiguration régionale plus large, interrogeant les formes de valorisation des ressources dans les régions arides de marge, et les liens entre systèmes extensifs et agro-industrie. La demande alimentaire peut-elle contribuer à reconnecter les territoires pastoraux du sud-est avec les zones oasiennes ? S’agit-il d’un renforcement de la dépendance des systèmes extensifs dans un contexte de concurrence exacerbée sur des ressources rares ?