Archives de catégorie : La palmeraie de Targa

Le périmètre irrigué, targa en tachelit, est constitué d’un ensemble de terres agricoles plus ou moins cultivées au gré des ressources en eau et de la volonté des propriétaires.

Oasis agri-urban metabolism as a source of paleo-innovation forcoping with global warming. 11/12/2023 COP 28

 

  • 11 December
  • 11:00 am – 12:00 pm
  • ECD Hall, ECD Pavilion
Dr David Goeury, Sorbonne University
Oasis societies have established multi-millennia microclimates in contexts of extreme aridity and heat, through the implementation of urban planning that combines dense housing and intensive agriculture. They allied themselves with singular plants and developed complex technologies mobilizing local resources. Oasis agri-urban systems are based on interlocking circular economies linking construction and agriculture, while also acting as relays for the great land-based trade routes. These oasis societies have been progressively disqualified in favor of an industrial-urban metabolism based on fossil fuels and the mobilization of materials from all over the world. Yet these industrial-urban metabolisms are incapable of establishing livable microclimates. On the contrary, they generate high levels of local air, water and soil pollution. They also generate enormous quantities of greenhouse gases. Today’s urgent need to adapt large cities means that hypothetical technological solutions appear incapable of reducing global warming. On the other hand, oasis metabolism is proving to be a source of palaeoinnovation – the possibility of drawing inspiration from past innovations to define a liveable future. We’ll be looking at two ways of establishing new, sustainable agri-urban metabolisms: the reuse of treated wastewater and eco-construction. We’ll show how it’s possible to move away from industrial logics linking extractivism and waste demultiplication and set up looping logics instead.
 

Conférence “la place des enfants de l’oasis de Tiznit (Maroc) dans la réactivation d’une place publique”, Marseille le 8 décembre 2023.

Vendredi 8 décembre, 9h-11h

Campus Saint-Charles – Espace Yves Mathieu, Marseille.

Salle de conférences n°15-405

Dans le cadre du projet de recherche:

PRENDRE PLACE : ENFANCES, ADOLESCENCES ET TRANSFORMATIONS URBAINES EN MÉDITERRANÉE

dirigé par  Nadja Monnet (ethnographe de l’urbain, LAA-LAVUE, ENSAM), Gwenaëlle Audren (géographe, TELEMME, MMSH, Inspé- AMU), Claire Fonticelli (paysagiste et urbaniste, LIEU, LAREP, ENSP, IUT-AMU) et Maria-Antonietta Impedovo (psychologue, ADEF, InspéAMU)

Dialogue entre Marc Breviglieri (spécialiste de l’enfance, professeur à l’HES.SO-HETS Genève et chercheur au CRESSON-laboratoire AAU) et David Goeury (chercheur à l’HES.SO-HETS Genève et au laboratoire Médiations, Sciences des lieux, sciences des liens) sur la place des enfants de l’oasis de Tiznit (Maroc) dans la réactivation d’une place publique.

L’enfance par la voix du mythe, Marc Breviglieri (HES.SO-HETS Genève et CRESSON-laboratoire AAU)
Cette communication prendra appui sur un travail d’observation consacré aux manières dont les enfants de l’oasis de Tiznit (Maroc) ont contribué à redonner vie à un lieu public dont le noyau sacré est une source. Le site en question a été récemment réaménagé par l’architecte-anthropologue Salima Naji. Soucieuse d’ouvrir cet espace public à celles et ceux qui en ont le plus besoin, celle-ci a permis la régénération d’usages anciens et de croyances héritées du lieu. De sorte que le renouveau de la fréquentation de cette source s’est vu accompagnée de la résurgence d’un mythe fondateur dont la portée de sens résonne aujourd’hui dans l’activité ludique des enfants.

Soins oasiens, renouveler les alliances multispécifiques. Enfants, végétaux et déchets, David Goeury (HES.SO-HETS Genève et laboratoire Médiations, Sciences des lieux, sciences des liens)
Dans le cadre de l’initiative Landscape of Care portée par Salima Naji et Carolyn Strauss, des initiatives multiples ont été déployées dans l’oasis de Tiznit, la Targa.
Parmi ces initiatives, il a été organisé en partenariat avec l’association Abrinaz et l’artiste Cocky Eek des ateliers créatifs à destination des enfants visant à repenser les liens oasiens. Ces ateliers venaient renouveler la tradition de la mascarade historique réalisée par les adolescents de sexe masculin, appelée Imaachar. En préparation de cette mascarade, les adolescents collectent des végétaux, des peaux de bêtes et des vieux vêtements dans le périmètre irrigué pour former une joyeuse équipée qui circule de quartier en quartier, quémandant quelques pièces. Dans ce nouveau projet, il s’agissait de travailler avec des plus jeunes des deux sexes pour façonner de nouveaux masques hybrides liant éléments végétaux et plastiques. Une fois les éléments réunis, les enfants ont défilé dans une bruyante farandole pour revenir vers les habitats derrière un monstre prenant la forme d’un dragon.

Pour s’inscrire à la conférence :

Rôle des enfants à Tiznit (Maroc) | Prendre place : bienvenue jeunesses! (hypotheses.org)

Irrigation. A Tiznit, les eaux urbaines épurées une aubaine pour régénérer les parcelles agricoles

Par Chady Chaabi, le 15 mai 2023

https://medias24.com/2023/05/15/irrigation-a-tiznit-les-eaux-usees-epurees-une-aubaine-pour-regenerer-les-parcelles-agricoles/

Située dans la Région de Souss-Massa, à moins de deux heures d’Agadir, la Station d’épuration des eaux usées (STEP) de Tiznit permet l’exploitation et l’irrigation de plusieurs dizaines de parcelles, longtemps abandonnées à cause de la pénurie d’eau qui sévit dans la région.

Grâce à elle, du sorgho et de la luzerne, deux plantes fourragères, sont cultivées dans le périmètre agricole de Tiznit dans le cadre d’une expérience pilote qui fait l’objet d’un suivi scientifique dans le cadre du projet de recherche* sur la régénération des régions oasiennes. Etalé sur trois ans (2022-2025), ce projet, financé par le Fonds national Suisse, est porté par la Haute école de travail social de Genève, composante de la Haute école de Suisse occidentale.

“Notre projet vise à comprendre les processus de réutilisation des eaux usées à des fins paysagères et agricoles dans des villes moyennes, soulevant des questions spécifiques différentes des grandes métropoles de pays émergents qui ont été largement documentées”, explique David Goeury, l’un des participants au projet. L’enseignant chercheur au laboratoire Médiations de Sorbonne Université assure que cette initiative “peut jouer un rôle déterminant pour la régénération d’un espace agricole délaissé depuis cinq décennies”.

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Sécheresse : les oasis au Maroc, les leçons d’un savoir-faire ancestral

Reportage de La Croix 

Géniales constructions humaines, les oasis créent un microclimat en milieu aride grâce à un lien inséparable entre ville et agriculture dont pourraient s’inspirer nos villes. Celle de Tiznit, dans le sud marocain, sera à l’honneur lors des rencontres « Paysages, climats et sociétés, de l’Antiquité à nos jours » du 12 au 14 mai à l’Institut du monde arabe (1).

Mohamed passe une tête dans l’embrasure de la porte. « C’est bientôt mon tour d’eau ? » interroge le quinquagénaire, impatient de voir son lopin de terre irrigué dans l’oasis de Tiznit, à une centaine de kilomètres au sud d’Agadir dans le Sud marocain. « Attends encore un peu ! », lui répond Omar, l’œil rieur sous la visière de sa casquette.

Le fringant quarantenaire, président de l’association des usagers de l’eau Abrinaz, est d’humeur joviale : « Si l’oasis va bien, je vais bien ! Il y a six ans encore elle était en perdition, les arbres mouraient peu à peu, aujourd’hui elle renaît, les Tiznitiens reviennent cultiver leur terre ». Moulay Ali Ladnany, le monsieur environnement de la municipalité, s’en félicite autant : « C’est un exploit de faire revenir des agriculteurs. Il y a des jeunes et quelques entrepreneurs qui s’installent, des retraités de la diaspora qui reviennent et pratiquent une agriculture de subsistance ou d’agrément. C’est en vieillissant l’appel de la terre ! »

Les terres largement abandonnées et asséchées de Tiznit reverdissent à la faveur d’un combat de vingt ans pour restaurer le périmètre agricole de la targa, le canal d’irrigation qui, par extension, signifie la palmeraie elle-même. De frêles oliviers, fraîchement plantés au milieu de parterres d’orge, de blé ou de luzerne, tremblotent dans le vent, témoins de ces parcelles reconquises au milieu de beaux vestiges d’agroforesterie. Des palmiers ancestraux surplombent encore de vigoureux oliviers qui eux-mêmes abritent des cultures de céréales.

 

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L’étude des oasis nous apporte des solutions pour faire face au réchauffement climatique

L’INA est partenaire de la 9e édition des Journées de l’Histoire de l’Institut du monde arabe (IMA) baptisée «Paysages, climats et sociétés du monde arabe, de l’Antiquité à nos jours». À cette occasion, nous avons rencontré le géographe David Goeury, spécialiste des cités oasiennes. Il nous rappelle les leçons géo-historiques pour affronter le réchauffement climatique et nous invite à repenser l’action collective. Entretien.

 

INA – Vos travaux portent sur les cités oasiennes. Comment définit-on une oasis ?

David Goeury – Le terme oasis vient du copte qui signifie « habitat ». C’est un système agri-urbain fondé sur l’interdépendance d’une entité urbaine et d’une entité agricole pour permettre l’établissement d’un habitat d’humains et de non humains sur la très longue durée. C’est une construction purement humaine faite à partir d’alliances, c’est-à-dire par la mobilisation de végétaux spécifiques qui permettent d’établir une forme de vie dans la longue durée. On parle davantage de cité oasienne. Elles ne font sens que parce qu’elles sont intégrées à des dynamiques économiques, et même, pour les plus grandes d’entre-elles, au grand commerce planétaire sous l’«Ancien monde», pour reprendre l’expression de Christian Grataloup (géo-historien), qui allait du Maroc jusqu’en Chine. Les cités oasiennes ont toujours été des lieux de réinvestissement des profits de ce grand commerce caravanier notamment pour financer les infrastructures d’irrigation, permettant des pratiques agricoles intensives.

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Remettre en culture une parcelle de luzerne pour un petit élevage familial

Par Hind Ftouhi, Mansour Diop et David Goeury

Ahmed et Habiba travaillent en couple sur une parcelle. Ahmed à 60 ans, sa femme Habiba 46 ans. Ils résident dans l’ancienne médina de Tiznit et ont deux filles une au primaire et l’autre au collège.

Ahmed vient de relancer une activité agricole depuis quelques mois grâce aux eaux épurées de la STEP sur une parcelle familiale abandonnée depuis plusieurs années relativement éloignée de la médina.

Comme de nombreux hommes, Ahmed a exercé des nombreux métiers

“pour maintenir un rythme de vie normal et une situation économique stable et pour assurer mon gagne-pain. J’ai même travaillé avec les agents de la direction des eaux et forêts.”

Ensuite, Ahmed a longtemps travaillé dans la boucherie, mais l’inflation et l’évolution des modes de vie l’ont conduit à changer d’activité.:

« Le secteur de la production et de la distribution de la viande connaît actuellement une crise, due à la forte concurrence de la viande de volaille et des sardines, ainsi que l’évolution des modes de consommation. En revanche, je vous parlais d’autrefois, les gens préféraient de consommer la viande rouge fraîche quand il y avait eu une pénurie dans la viande des volailles ».

 

Il a donc décidé d’investir dans la parcelle familiale :

“Ces parcelles sont un héritage que je partage avec de nombreux membres de ma famille. Mon oncle était immigré en France et ses enfants, ainsi que ses neveux qui résident à Rabat, ne pratiquent aucune activité agricole, contrairement à moi qui l’avais commencé récemment.  L’activité agricole sur ces terres, autrefois à son apogée, a été suspendue par la suite.. Mais, nous l’avons repris aujourd’hui en cultivant de la luzerne.”     

L’agriculture devient sa principale activité :

“Je n’ai rien d’autre. Je viens sur ces parcelles pour occuper activement mon temps libre et le rentabiliser. J’ai 5 brebis et leurs petits : des agneaux et des agnelles.  Je les vendrai si je suis dans une situation financière difficile, sinon je les garderai pour les vendre à l’occasion de l’Aïd Al Adha.”

Pour l’instant l’activité n’est pas rentable :

“J’ai commencé à préparer cette parcelle il y a seulement 5 ou 6 mois.  J’ai encore des dépenses en travaux agricoles. Par ailleurs, je n’utilise pas l’eau du puits comme le font d’autres agriculteurs qui cultivent de la coriandre, des légumes ou de la menthe.Je paie 50 centimes (1/2 Dhs) pour une tonne d’eau de STEP. Cela nous permet d’irriguer notre culture de luzerne, que nous récoltons pour nourrir notre bétail.”

Pour l’instant, il récolte la mauve qui a poussé spontanément sur la parcelle.

“Cette variété de mauve est destinée à alimenter uniquement le bétail, puisqu’elle est inconsommable par les êtres humains.” 

Ahmed, se différencie des vrais agriculteurs :

« Pour nous, le travail agricole est notre passe-temps favori : il nous permet de rester productifs tout en constituant une activité physique pour maintenir un mode de vie sain. Cependant, Le véritable fellah (agriculteur) est celui qui creuse un puits pour irriguer ses cultures et exploiter pleinement son terrain, comme le fait par exemple mon voisin, Monsieur Abderrahmane Chrahim, qui a fait pousser plusieurs cultures telles que la coriandre, les betteraves, les laitues, et d’autres variétés de légumes.

L’irrigation par l’eau de la STEP réduit les possibles méthodes d’exploitation de notre parcelle, puisque nous la destinons uniquement à la production d’aliments pour le bétail. Par ailleurs, je suis prêt à louer la récolte de cette luzerne à toute personne qui voudra en bénéficier. Je l’ai semé il y a seulement 4 mois, donc je ne peux pas encore la louer.”

Ahmed illustre un usage pragmatique et limité de son terrain : l’irrigation par l’eau de la STEP lui permet de produire exclusivement de la luzerne pour son bétail, tout en considérant l’agriculture comme une activité de loisir. À la différence des « vrais fellahs », il ne cherche pas à diversifier ses cultures ni à exploiter pleinement son potentiel agricole. Il incarne aussi le profil des hommes qui se tournent vers la petite agriculture comme activité de subsistance alors qu’ils se retirent d’autres activités économiques. La pratique agricole apparaît alors comme compatible avec une activité de subsistance au-delà de soixante ans. Elle permet de conserver des revenus tout en pouvant travailler à un autre rythme. Elle apparaît aussi comme une transition vers une activité familiale où l’homme peut aussi compter sur l’aide de son épouse qui est souvent plus jeune.

Gestes de collecte et chants d’espérance. Cueilleuses de la région Souss-Massa (Maroc)

BREVIGLIERI Marc, « Gestes de collecte et chants d’espérance. Cueilleuses de la région Souss-Massa (Maroc) », dans : Rachel Brahy éd., L’enchantement qui revient. Paris, Hermann, « Colloque de Cerisy », 2023, p. 265-276. DOI : 10.3917/herm.brahy.2023.01.0265. URL : https://www.cairn.info/l-enchantement-qui-revient–9791037022844-page-265.htm

Premières lignes :

Il serait ici bien trop long de relater comment les méandres de l’enquête ethnographique m’ont conduit jusqu’à ces cueilleuses. Chaque jour, elles viennent plonger leurs mains dans une flore constituée de plantes sauvages situées aux abords des terres agricoles de l’oasis. Il convient toutefois de mentionner qu’une source karstique (dite « sacrée ») marque l’origine de cette enquête : la réhabilitation de son site, permise par le minutieux travail de l’architecte et anthropologue Salima Naji, n’a pas simplement redonné une densité d’expérience à la vie publique du noyau historique, elle a aussi permis la résurgence d’un mythe légendaire attaché à une femme. Une femme, devenue sainte, Lalla Zninia, accompagnée d’une chienne qui creuse le sol jusqu’à faire jaillir la source intarissable, rendant la terre fertile et l’habitation possible. Un mythe au milieu d’autres mythes oasiens qui lui ressemblent dans ses correspondances et son événement fondateur. Mais ce mythe permet d’envisager des symboles primaires et des grappes de sens qui font dériver insensiblement la réflexion vers ce pour quoi comptent infiniment ces femmes dans l’espace oasien : elles protègent les vivants et favorisent la fertilité pour en recueillir les puissances vitales et nourricières, elles confectionnent un arsenal thérapeutique ou magique, elles entretiennent le pied des cultures et récupèrent du fourrage pour le bétail, elles partagent la baraka des saints, amadouent les esprits et connaissent les lois cosmiques dont elles tracent les signes en tissant…

Plan :

  1. I. Enquête sur la perméabilité sensible à l’univers végétal
  2. II. L’épine et le vent
  3. III. Des chants simulant la structure végétale
  4. IV. Le chant comme émanation d’un toucher qui sent la frange atmosphérique du monde
  5. V. Ce que la terre et le végétal consentent à accorder
  6. VI. Repositionnement des humanités
  7. VII. Mettre au jour le fragile « commun des vivants mêlés » de l’espace oasien

 

Pour consulter le chapitre : https://www.cairn.info/l-enchantement-qui-revient–9791037022844-page-265.htm

 

 

Actes du colloque :

L’enchantement qui revient [2021]

Abdallah un petit producteur d’absinthe face à l’adversité

Par Mansour Diop et David Goeury

Abdallah est un agriculteur qui a une vaste parcelle mais peu de ressources. Il s’est spécialisé autour de quelques produits qu’il vend au marché selon les saisons, la pluviométrie et ses moyens.

Les seuls produits que nous cultivons sont l’absinthe, l’artichaud, la courge longue (asslaoui) et un peu de persil parce que nous souffrons d’une pénurie d’eau. Je les vends au souk du jeudi.

L’absinthe ne pousse que pendant une période limitée d’octobre àmMars mais elle est très recherchée.

On l’utilise dans le thé seulement. Il faut la consommer avec modération parce qu’elle remonte la tension artérielle. Il y a un dicton qui dit : « L’absinthe du matin est une charogne et le soir c’est un remède  ».

Il faut d’abord savoir que l’absinthe se prépare toujours avec de l’eau car son goût est trop fort pour être dégusté pur et que son arôme ne se révèle qu’une fois dilué. Alors, il faut mettre quelques brins d’absinthe dans un verre et verser de l’eau chaude dessus, puis les laisser infuser pendant quelques minutes, ensuite ajouter ces brins dans la théière ».

De plus, un médecin a cité les bienfaits de l’absinthe hier lors d’une émission télévisée, notamment son effet insecticide instantané sur les moustiques, où il a recommandé de prendre des branches d’absinthe sèches et de fumiger la pièce où elles se trouvent. Dans l’autre côté, il a également mentionné ses bienfaits pour le cuir chevelu pour les femmes, en prenant un bouquet d’absinthe avec des graines de tournesol, et les faisant bouillir dans de l’eau, puis filtrer l’infusion, ensuite l’utiliser avant de prendre le bain en rinçant les cheveux avec. Parce qu’elle est considérée comme une recette antipelliculaire efficace. »

 Saviez-vous que la culture de l’absinthe empêche les serpents de parcourir ma parcelle à cause de son goût fort et son odeur puissante qui les étourdit. De ce fait, les moineaux et certaines espèces d’oiseaux pondent leurs œufs dans des arbres près des cultures d’absinthe afin que les serpents ne les atteignent pas. »

La vente de l’absinthe reste cependant peu rentable :

 « Je la vends à 1 DH / pièce. Au maximum, je peux vendre 30 pièces d’absinthe par jours, ce qui équivaut à 30 DH, sans compter les frais supplémentaires telles que le carburant pour ma moto et le paquet de cigarette que je vais fumer…etc. C’est donc n’est pas rentable idem pour le persil parce que la productivité de ces plantes est moins importante.  Et si la productivité est abondante, je devrai faire venir un ouvrier agricole pour la récolter et lui payer 100 DH / jour.

Mon problème est que je suis seul. Il n’y a personne pour m’aider et je n’ai pas non plus les moyens financiers nécessaires.

Personnellement, je voudrais installer une clôture autour de l’ensemble de ces parcelles, afin d’empêcher les nomades d’y accéder, car je les chasse quotidiennement. Mais, il me faut les moyens financiers pour cela.

Son puits donne très peu d’eau. Avec la sècheresse, « il faut attendre 6 jours afin d’avoir une heure d’irrigation car l’eau est rare ». Pour le gazoil, « je dépense ce que j’ai en poche, parfois 50 DH et parfois 80 DH…etc ».

Enfin, il n’a pas réellement de perspectives d’augmentation de sa production du fait de la présence des sangliers :

« De plus, je ne peux pas investir dans de nouvelles cultures car le sanglier détruit tout. Nous avons déposé une plainte auprès de la Direction des Eaux et Forêts pour qu’ils viennent chasser le sanglier, et ils nous ont envoyé des chasseurs pour effectuer la tâche, mais la Direction a exigé qu’ils paient 100 DH pour chaque tête de sanglier tuée. Alors, ils ont refusé d’exécuter cela et sont partis.

Soit les chasseurs paient ce montant, soit ils peuvent donner le sanglier chassé aux étrangers (touristes) s’ils sont ici, comme ils ont fait l’autre fois. Mais ils doivent d’abord obtenir l’autorisation auprès de la Direction des Eaux et Forêts pour que cela reste dans le cadre de la défense des Droits de l’Animal ».

Abdallah se sent délaissé :

« L’Etat ne poursuit que ses propres intérêts car elle ne pense pas au bien-être de ses citoyens. Prenons par exemple la couverture médicale, pour laquelle ils demandent à l’agriculteur de leur verser 160 DH par mois pour en bénéficier. N’est-ce pas absurde ! Où l’agriculteur trouvera-t-il ce montant mensuellement avec toutes les charges qu’il a sur son dos ? Si cette parcelle me rapporte 160 DH par mois, alors il vaut mieux que j’en profite moi-même. Hein !  Ils se moquent des gens avec des termes tels que : la couverture médicale et l’assurance sociale. »

Culture d'absinthe. Crédits : David Goeury

Une éleveuse dans une famille d’agriculteurs à Attebane

Par Mansour Diop et David Goeury

Une femme âgée coupe chaque matin des herbes sur des parcelles inondées par le trop plein des eaux usées. Née dans une famille d’agriculteurs, elle est mariée à un agriculteur qui avait des enfants d’un premier mariage. Depuis plus de soixante ans, elle pratique l’agriculture dans le périmètre irrigué.

« J’habite à Attebane depuis toujours. Je n’ai pas d’enfants, ce sont les enfants de mon mari. L’un d’eux travaille à Rabat. Quant aux filles, elles sont toutes mariées.

Ces bovins appartiennent à mon frère qui les fait toujours paître dans l’exploitation agricole de mon mari, et quant à lui il s’occupe actuellement de la parcelle d’un ami à côté de nous.

Avant, on cultivait de l’orge, sur des terres Bour et on avait ses cultures maraîchères comme les carottes. Nous avons utilisé le magroud (remontée de l’eau via une outre par traction animale) durant de longues années, puis par la suite nous avons équipé le puits avec une motopompe.

Mais maintenant, à cause de l’eau de la STEP, nous ne cultivons que de la luzerne pour nourrir le bétail. L’eau de la STEP traverse nos parcelles via des canaux, car nos parcelles sont toutes proches du canal d’écoulement. Les eaux de la STEP sont bonnes pour les cultures fourragères comme la luzerne.

Je n’ai qu’une vache. Je la nourris en lui donnant un peu de luzerne séchée avec un peu de luzerne verte. Ma vache produit 16 litres de lait tous les matins. Nous sommes membre de la coopérative laitière de Bounamane. La collecte de lait a lieu deux fois par jour, le matin et le soir mais je ne leur donne pas de lait l’après-midi vu que je n’ai qu’une seule vache, alors que la coopérative exige qu’on leur donne une grande quantité de lait.

Ils nous versent une somme d’argent tous les 15 jours mais ce n’est pas suffisant pour vivre. De plus, ils refusent de nous donner notre matricule pour que nous puissions bénéficier des subventions qu’ils accordent aux éleveurs (fourrage, indemnités…etc), car ils prétendent que la quantité de lait que nous leur donnons est très faible et qu’il faut la doubler pour en bénéficier ».

Nous engraissons un mouton chaque année. Nous l’achetons avant la période de l’Aïd plusieurs mois à l’avance. Pour cette année, nous l’avons déjà acheté alors que l’Aïd est dans 4 mois.

J’ai aussi un élevage de volailles.  Il m’est nécessaire d’avoir des poules, car elles mangent mes restes et mon pain sec, et même mes voisins me donnent leurs déchets d’épluchures de légumes. De plus, ces poules pondent des œufs. »

Comme de nombreuses femmes âgées, elle maintient une agriculture de subsistance autour d’un petit élevage dont elle à la charge sans pour autant être considérée comme une vraie agricultrice malgré 60 années d’activité agricole.

Chapitres de l’ouvrage Résonances Oasiennes

L’ouvrage Résonances oasiennes. Approches sensibles de l’urbain au Sahara est accessible sous la forme de livre numérique gratuitement sur le site de l’éditeur Métispresses.

https://www.metispresses.ch/en/resonances-oasiennes-numerique

Pour faciliter, l’accès aux différentes contributions, vous pouvez télécharger ici les différents chapitres au format pdf.


Introduction / Oasis en présence 9
Marc Breviglieri, Noha Gamal Said et David Goeury

Résonances oasiennes 2021 _p_9-23_Introduction_OASIS EN PRÉSENCE

Partie 1 / DES CITÉS OASIENNES, LIEU D’OBSERVATION COLLECTIVE 25

Des ateliers exploratoires face à un monde découvert.
Fabriquer des cohabitations scientifiques 27
Marc Breviglieri et David Goeury

Résonances oasiennes 2021_p_27-43_DES ATELIERS EXPLORATOIRES FACE À UN MONDE DÉCOUVERT_FABRIQUER DES COHABITATIONS SCIENTIFIQUES

Manière de faire enquête dans les oasis. Chebika et ce qu’il en reste 45
Imed Melliti

Résonances oasiennes-2021_p_45-54_MANIÈRE DE FAIRE ENQUÊTE DANS LES OASIS _ CHEBIKA ET CE QU’IL EN RESTE

Partie 2 / POROSITÉS MENACÉES DE L’ESPACE URBAIN 55
Marcher à l’écoute de la médina 57
Alia Ben Ayed, Noha Gamal Said et Jean-Paul Thibaud

Résonances oasiennes 2021_p_57-58_MARCHER À L’ÉCOUTE DE LA MÉDINA

Dans l’ambiance d’une bergerie urbaine 59
Zakaria Kadiri, Nasser Tafferant, Jean-Paul Thibaud et Khadija Zahi

Résonances oasiennes 2021_p59-65_DANS L’AMBIANCE D’UNE BERGERIE URBAINE

Le doux climat de la skifa 67
Hind Ftouhi et Khadija Zahi

Résonances oasiennes 2021_p_67-74_LE DOUX CLIMAT DE LA SKIFA

La porosité au fondement de l’ambiance oasienne 75
Alia Ben Ayed

Résonances oasiennes 2021_p_75-94_LA POROSITÉ AU FONDEMENT DE L’AMBIANCE OASIENNE

L’âme de Nefta/Rouh Nefta. Une perception sensible du bien-être
en contexte oasien 95
Imen Landoulsi

Ouvrage Résonances oasiennes 2021_p_95-129 ROUH NEFTA

Configuration ambiantale d’un espace oasien: le ksar de Kenadsa saisi par les sens 131
Abdelaziz Barkani

Résonances oasiennes 2021 _p_131-155_CONFIGURATION AMBIANTALE D’UN ESPACE OASIEN_LE KSAR DE KENADSA

Partie 3 / RÉSONANCES MULTIPLES DES PLACES PUBLIQUES 157

Murmures d’impressions. Composer une partition musicale
comme première restitution d’ambiance ? 159
Alia Ben Ayed, Joseph Brunet-Jailly et Laurent Valdès

Résonances oasiennes 2021 _p_159-165_MURMURES D’IMPRESSIONS. COMPOSER UNE PARTITION_MUSICALE COMME PREMIÈRE RESTITUTION D’AMBIANCE

Déploiement du champ sensoriel d’une source sacrée
et réappropriation ludique d’une architecture 167
Marc Breviglieri, Hind Ftouhi, Imen Landoulsi, Mohamed Mouskite et Noha Gamal Said

Résonances oasiennes 2021 _p_167-171_DÉPLOIEMENT DU CHAMP SENSORIEL D’UNE SOURCE SACRÉE ET RÉAPPROPRIATION LUDIQUE D’UNE ARCHITECTURE

Expériences sensibles autour des bassins romains de la médina de Gafsa 173
Dorsaf Zid, Hind Karoui et Azeddine Belakehal

Résonances oasiennes 2021 _p_173-193_EXPÉRIENCES SENSIBLES AUTOUR DES BASSINS ROMAINS

Renaissance sensible d’une place publique saharienne.
Aire d’expérience ludique et vie imaginaire 195
Marc Breviglieri, Imen Landoulsi et Mohamed Mouskite

Résonances oasiennes 2021 _p_195-203_RENAISSANCE SENSIBLE D’UNE PLACE PUBLIQUE SAHARIENNE

Considérations sur l’espace sonore d’une source sacrée.
Une figure de réhabilitation de la médina de Tiznit 205
Noha Gamal Said

Résonances oasiennes 2021 _p_205-221_CONSIDÉRATIONS SUR L’ESPACE SONORE D’UNE SOURCE SACRÉE

Partie 4 / MÉMOIRES ET RÉSILIENCES DES PRATIQUES AGRIURBAINES 223

Nefta: une corbeille de sons 225
Abdelaziz Barkani, Noha Gamal Said et Jean-Paul Thibaud

Résonances oasiennes 2021 _p_225-227_NEFTA UNE CORBEILLE DE SONS

Cheminer après l’inondation 229
Irène Carpentier, David Goeury et Zakaria Kadiri

Résonances oasiennes 2021 _p_229-237_CHEMINER APRÈS L’INONDATION

D’un contraste entre deux parcelles agricoles 239
Irène Carpentier, David Goeury et Zakaria Kadiri

Résonances oasiennes 2021 _p_239-244_D’UN CONTRASTE ENTRE DEUX PARCELLES AGRICOLES

Le legmi: stigmate de la crise de l’agriculture dans la Corbeille 245
Irène Carpentier et David Goeury

Résonances oasiennes 2021 _p_245-247_LE LEGMI STIGMATE DE LA CRISE DE L’AGRICULTURE

Terre chaude – Terre de saints 249
Marc Breviglieri et Mohamed Mouskite

Résonances oasiennes 2021 _p_249-259_TERRE CHAUDE – TERRE DE SAINTS

De la responsabilité de l’architecte dans les ambiances des cités oasiennes. Le cas des porches fortifiés des ksour marocains 261
Salima Naji

Résonances oasiennes 2021 _p_261-303_DE LA RESPONSABILITÉ DE L’ARCHITECTE DANS LES AMBIANCES DES CITÉS OASIENNES

Fragiles mémoires des oasis historiques. Une relecture critique par les ambiances 305
Irène Carpentier, David Goeury et Zakaria Kadiri

Résonances oasiennes 2021 _p_305-334_FRAGILES MÉMOIRES DES OASIS HISTORIQUES

Conclusion / Un aperçu de l’héritage et du devenir des oasis sahariennes 335
Marc Breviglieri et David Goeury

Résonances oasiennes 2021 _p_335-347_Conclusion_UN APERÇU DE L’HÉRITAGE ET DU DEVENIR DES OASIS SAHARIENNES

Résonances oasiennes. Approches sensibles de l’urbain au Sahara

Parution de l’ouvrage Résonances oasiennes. Approches sensibles de l’urbain au Sahara aux éditions Métispresses.

Cet ouvrage est le fruit des analyses développées dans le cadre du programme de recherche “Zerka. La source bleue et l’urbanisation des oasis de la Méditerranée“. Il est accompagné d’une riche documentation sonore accessibles sur la plateforme Cartophonies.

Éditeur(s) scientifique(s):Marc Breviglieri, Noha Gamal Said, David Goeury
Collection:vuesDensemble Essais

Résumé

Îlots de vie surgissant au milieu de l’aridité du désert, les oasis sahariennes abritent depuis des siècles un habitat aux formes éprouvées. Cette adaptation matérielle et spirituelle aux contraintes climatiques du désert est aujourd’hui mise à mal par des politiques de rationalisation et de modernisation inspirées des modèles occidentaux. L’oasis se voit ainsi réduite à un potentiel agricole à exploiter ou à un décor touristique à valoriser, au détriment de sa richesse architecturale et de la pratique quotidienne de ses habitants.

S’inscrivant en faux contre cette évolution, Résonances oasiennes propose une approche sensible de ces territoires pour mieux en révéler et défendre la singularité. Issu d’un processus collaboratif original autour des ambiances sonores, cet ouvrage invite le lecteur à s’imprégner de l’atmosphère des oasis à travers une analyse vivante de leur patrimoine bâti et des modes de vie de leurs habitants. Il souligne ainsi la nécessité de promouvoir l’architecture vernaculaire et la culture qui l’a développée afin d’affronter les défis économique, démographique et climatique auxquels ces espaces sont aujourd’hui soumis

Avec les contributions d’Abdelaziz Barkani, Alia Ben Ayed, Azeddine Belakehal, Joseph Brunet-Jailly, Irène Carpentier, Hind Ftouhi, Zakaria Kadiri, Hind Karoui, Imen Landoulsi, Imed Melliti, Mohamed Mouskite, Salima Naji, Nasser Tafferant, Jean-Paul Thibaud, Laurent Valdès, Khadija Zahi et Dorsaf Zid.

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Un retour des communs est-il possible ? Analyse d’une initiative pionnière de réutilisation des eaux urbaines épurées pour l’irrigation à vocation agricole dans une cité oasienne (Tiznit, Maroc)

Ce chapitre d’ouvrage a été publié dans la collection Grafigéo n°37

Référence:

David Goeury, 2021, “Un retour des communs est-il possible ? Analyse d’une initiative pionnière de réutilisation des eaux urbaines épurées pour l’irrigation à vocation agricole dans une cité oasienne (Tiznit, Maroc)”, in Martine BERGER, Jean-Louis CHALÉARD, Alia GANA (dir.), Crise des modèles ? Agricultures, recompositions territoriales et nouvelles relations villes-campagnes, Paris : Grafigéo, p.129-151.

Résumé:

Ici, nous analyserons le cas de Tiznit, dans la région de Souss-Massa, au Maroc, qui fut parmi les premières municipalités marocaines à développer la réutilisation des eaux urbaines épurées pour l’irrigation à vocation agricole dans un cadre réglementaire. Ce cas est particulièrement intéressant, car la municipalité a souhaité le faire selon un protocole participatif en soutenant un collectif hétéroclite d’agriculteurs désireux de s’inscrire dans la continuité des communs fonciers historiques, quitte à aller à l’encontre des modèles imposés par les pouvoirs publics et les experts qui défendent un modèle avant tout économique de l’agriculture . En effet, elle a privilégié une logique alternative d’économie du patrimoine, soit la conservation d’un héritage qui dans le cas de l’oasis mobilise le registre très particulier du faire ensemble . Cependant, l’implémentation d’une nouvelle technologie est- elle à même d’alimenter une dynamique civique et participative ? En effet, le collectif doit surmonter à la fois des enjeux institutionnels et des enjeux techniques. La procédure légale défendue par les administrations et les organisations internationales comme une réelle opportunité pour un développement durable peut s’avérer particulièrement décourageante et finalement favoriser les logiques informelles au mépris des normes nationales ou internationales.

Pour consulter l’ensemble du chapitre, cliquer sur le lien ci-dessous

Chapitre David Goeury Retour communs réutilisation eaux usées Tiznit 2021

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« Fertilités. Sur les chemins de collecte des femmes oasiennes (univers végétal, résonateurs cosmiques, soins collectifs) »

Cet article a été publié dans la revue Anthropologie et Societés.

Référence:

Breviglieri, Marc. “FERTILITES: Sur les chemins de collecte des femmes oasiennes (univers vegetal, resonateurs cosmiques, soins collectifs).” Anthropologie et Societés, vol. 44, no. 1, 2020, p. 25+.

Cet article brosse un tableau de l’univers végétal d’une oasis du Maroc présaharien (région du Souss) en mettant l’accent sur la présence de femmes âgées issues d’un milieu très modeste venant quotidiennement désherber et collecter des plantes spontanées. Ces femmes entretiennent un lien privilégié avec ces dernières et transmettent leurs pouvoirs nourriciers, prophylactiques, thérapeutiques ou magiques à la communauté oasienne dans son ensemble. Mais une question se pose : que va-t-il advenir de ce champ de relations intégrées aux cycles de fertilité au fil des transformations structurelles et des projets de modernisation que connaissent actuellement les espaces oasiens ? Ces projets, tout en étant porteurs d’objectifs environnementalistes, attestent d’une modalité de qualification du sol et de son exploitation qui tend à éclipser la présence de ces femmes, négligeant au passage l’arrière-plan cosmologique foisonnant sur lequel se dessinent leurs gestes attentionnés et la perméabilité sensible à l’univers végétal oasien dont elles sont les gardiennes.

Mots-clés : Breviglieri, oasis, femme, végétal, écologie, soin, atmosphère, vie, communs Continuer la lecture de « Fertilités. Sur les chemins de collecte des femmes oasiennes (univers végétal, résonateurs cosmiques, soins collectifs) » →

Landscape of Care : a handbook for urban design engagement

This publication invites the reader to explore an inter-
disciplinary and cross-cultural project of urban design
research conducted 2018-19 in the city of Tiznit, Morocco.

The project was initiated by the Netherlands-based
creative platform Slow Research Lab and realized in
partnership with the bureau of architect Salima Naji and
the Naji’s nonprofit association Gardiens de la Mémoire,
both based in Tiznit.

From these two countries and organizations, a core team
of researchers and creative professionals came together to help
conceive, develop, and facilitate the myriad facets of the project:
Marijke Annema, Jana Crepon, David Goeury, Nika Jazaei,
Salima Naji, and Carolyn F. Strauss. (See biographies, page 106.)

In addition to those main programming partners and
team members, this project was enriched by an array of
collaborators from Tiznit and beyond: municipal authorities;
community associations and cooperatives; local artists and
craftspeople; Moroccan and international designers; teachers
and parents from the city’s creches and primary schools; an
incubator for young creative entrepreneurs; plus countless
program participants. We are grateful for their trust and
commitment.

Substantial financial support for the project was adminis-
tered by the Creative Industries Fund NL (Stimuleringsfonds
Creatieve Industrie) as part of a four-year program funded
by the Dutch Ministry of Foreign Affairs within the policy
framework of the International Culture Policy (2017-2020),
entitled Sustainable and Inclusive Cities Through Design.

Couverture Ouvrage Landscape of Care

CONTENTS

Introduction.

Reviving Wonder: the Artistic Immersed in Oases, Salima Naji, p.18

Thoughts on Care, Carolyn F. Strauss, p.24
KINDLING ENVIRONMENTAL AWARENESS p.32

Kindred Spirits, David Goeury, p.38

Standing With Two Feet in Complex Matter, Cocky Eek, p.40

CULTIVATING ARTISTIC RESPONSES TO CLIMATE CHANGE p.48

Immediacy, Maria Blaise, p.54

Weaving the Oasis, Amina Aguesnay, p.56

FRICTION, CURIOSITY, OPENING: PROVOKING A DIFFERENT PERSPECTIVE p.60

Oasis Memory: Reflections of an Urban Caretaker, Omar Boumehdi, p.66
Precious Things, Linnemore Nefdt, p.70
Notes from an Observer,  Aimane Idhajji, p.76

BUILDING A MORE OPEN MEETING PLACE p.80

Sharpening the Intuition, Nika Jazaei, p.86
Threading Stones, Marijke Annema, p.94


ETERNAL RETURN p.102
Biographies p.106
Bibliography p. 112
List of Collaborators P.114
Colophon p.116

Naji, Salima, & Strauss, Carolyn. 2020. Landscape of Care: a handbook for urban design engagement. Amsterdam, Slowlab Research.

Kindred Spirits

At the heart of the palm grove, a monster of plastic and bark rises up. Awakened by the children of the medina—kindred spirits with painted faces, adorned with plants, snails, cardboard, and plastics—summoning vital connections with the waste that litters the ground. Thus animated, the beast slowly clambers out of the oasis, undulating towards the old medina, accompanied by a rhythmic rattle of stones in abandoned bottles, and arriving finally at the ancient source.
There, it circles the water, emitting a primal cry of life and respect for the environment. Until, exhausted, it heaves to a halt within the fortified walls of Kasbah Aghenaj.

The monster slumbers again.

Until when …?

Masques oasiens. Esprits. Alliances.

Dans le cadre du projet de Landscape of Care dirigé par Salima Naji et Carolyn Strauss, l’artiste Cocky Eek a développé un travail sur les masques végétaux et les costumes liant végétaux et déchets dans la Targa de Tiznit en partenariat avec l’association Abrinaz, un jardin d’enfant, l’école primaire Lalla Myriam, l’association les Gardiens de la Mémoire et l’association l’Blend .

Cette intervention a été menée en deux temps du 17 au 20 décembre 2018, puis en juin 2019.

Décembre 2018, renouer les liens.

Commencer. Toucher les plantes, les oliviers

Fabriquer des masques avec des végétaux collectés

Doubles végétaux

Groupes masqués d’enfants avec ces végétaux

Doubles de Cactus Opuntia

Doubles du palmier Phoenix dactylifera

Fabriquer des costumes hybrides : de plantes et de cartons pour défiler dans l’oasis

Juin 2019 : faire revivre les êtres hybrides, les esprits prennent place dans la Targa.

Pour un retour des biens communs fonciers ?

Réflexions autour de la mobilisation et de la défense d’un espace oasien (le cas de la Targa de Tiznit, Maroc)

Cet article a été publié dans le revue Belgéo

David Goeury, « Pour un retour des biens communs fonciers ?  », Belgeo [Online], 2 | 2018, Online since 18 June 2018, connection on 24 March 2019. URL : http://journals.openedition.org/belgeo/21530 ; DOI : 10.4000/belgeo.21530

Résumé

Au Maroc, les biens communs fonciers ont été à l’origine d’un patrimoine à la fois culturel et écologique. Cependant, suite à la colonisation, ils ont été soit étatisés, soit privatisés car jugés inefficients. Pour autant, les collectifs historiques n’ont pas disparu et restent mobilisés autour de ressources dont ils considèrent avoir été injustement dépossédés. Le retour des biens communs semble lié à leur puissance évocatrice d’un passé idyllique marqué par une gouvernance singulière, la démocratie collective, par opposition à l’autoritarisme et la corruption des administrations contemporaines. Leur renaissance se fait grâce à de nouvelles organisations associatives mais ne peut se perpétuer que grâce à la bienveillance des institutions politiques nationales et tout particulièrement du pouvoir municipal. Cependant, la tentation de limiter cet héritage à sa seule dimension paysagère occulte ses fondements civiques articulés autour de l’engagement du faire ensemble comme praxis citoyenne.

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Entrepreneuriat féminin agricole à Tiznit : une affaire de veuves

Par Claire Madenspacher1

Au Maroc, l’accès à un emploi rémunéré reste inaccessible pour de nombreuses femmes et le taux d’activité de ces dernières  baisse depuis plus d’une décennie. L’entrepreneuriat féminin est présenté comme une alternative et augmente légèrement. Pourtant, est-il pour autant possible de parler de dynamiques féminines autonomes? Ici, nous souhaitons revenir sur le cas de deux femmes éleveuses membre d’une coopérative laitière sise à Tiznit et intégrée au réseau COPAG.  Il ne s’agit pas de la création d’une entreprise mais de la reprise d’une entreprise familiale.

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Tiznit. Aïn Aqdim, la source à l’origine de l’oasis

Ouvrage de Salima Naji, Ahmed Boumzgou et David Goeury paru en septembre 2016 aux éditions DTG à Rabat.

L’ouvrage est accessible ici : Tiznit Ain Aqdim Goeury Naji Boumzgou 2016

Des extraits sont publiés ci-dessous :

Mémoire et patrimoine d’une source

À une centaine de kilomètres au sud d’Agadir, Tiznit, cité fondée par Moulay Hassan Ier en 1882, renoue avec ses origines : sa vénérable source.En 2014, la ville de 75 000 habitants, qui se déploie désormais largement en dehors de son enceinte pentagonale, a lancé un vaste programme de revalorisation du lieu originel : ce bassin d’irrigation qui a donné naissance à l’oasis et aux premiers noyaux villageois entre le XIII e et le XVI e siècles.En effet, au cœur de la plaine de l’Azaghar, Tiznit trouve ses origines dans la découverte miraculeuse d’une résurgence karstique attribuée à Lalla Zninia. Le filet d’eau est alors aménagé en bassin depuis lequel part un canal d’irrigation. Les agriculteurs construisent des villages fortifiés (ksebt) à proximité sans pour autant empiéter sur les terres arables. Ils se dotent d’institutions collectives pour gérer cette manne providentielle.Cet équilibre est rompu par le processus d’urbanisation.Bâtie en 1883, la muraille enserre à la fois source, villages et jardins. Durant la deuxième moitié du XXe siècle, Ces derniers sont progressivement lotis. Alors, le bassin d’irrigation devient un vestige anachronique au centre d’une médina de plus en plus dense. La ville accueille de nouveaux habitants issus des campagnes environnantes,les descendants des agriculteurs deviennent des artisans,des commerçants ou des fonctionnaires. Le lien matériel et symbolique entre la ville et sa source se distend au point de se rompre. Le bassin, désormais clos, est désigné par l’appellation coloniale de “Source bleue”, slogan touristique vide de sens, tandis que le mythe fondateur est de plus en plus décrié par les religieux qui le qualifie d’impur.

Réhabilitation et réminiscences patrimoniales au profit des habitants

Pour autant, les habitants et les associations de quartiers souhaitent une revalorisation du site. La municipalité en partenariat avec l’opérateur Al Omrane décide alors de lancer un projet de mise à niveau urbaine. Or, comment réintégrer la source dans un environnement aussi profondément transformé ? Aujourd’hui, les jardins sont à plus de 500 mètres du bassin historique.L’idée a donc été de rendre le monument aux habitants de la ville, notamment les plus fragiles, le laisser ouvert,accessible et en faire un espace convivial. Il s’agissait de faire du réaménagement de la source une possibilitéd ‘extension de l’espace public à destination de ceux et de celles qui en ont le plus besoin : les femmes, les enfants.Loin de fermer le lieu, il s’agissait de l’ouvrir en créant une nouvelle circulation, de nouveaux lieux de station et permettre ainsi aux enfants de jouer, aux femmes des’arrêter, de contempler et de discuter.Cette idée de la circulation s’est aussi appliquée à l’eau.La source était devenue un bassin où l’eau était perçue comme stagnante, voire croupissante. Le mythe du jaillissement était d’autant plus facile à discréditer qu’il renvoyait à un site peu attractif. Il était donc nécessaire de la remettre en mouvement. L’idée fut de recréer un contact possible entre les habitant et l’eau. Il devait être possible de toucher l’eau, mais aussi de l’entendre et de la voir circuler.L’eau a été mise en scène autour du principe des réminiscences : par un débord et une chute mais aussi par une petite rigole qui court autour du bassin. L’irrigation n’a pas pour autant été oubliée : du bassin part un canal vers l’oasis.


La dame de la source

L’histoire des origines de Tiznit est liée à la découverte d’une source d’eau potable par une femme, Lalla Zninia.

Un mythe de fondation

Le récit de cette découverte possède plusieurs variantes et tend vers une hagiographie de celle qui est, encore aujourd’hui, considérée comme une sainte. Alors qu’il n’y avait là que désert et solitude, Lalla Zninia vint à passer. Elle a soif car elle marche depuis longtemps,quand soudain le lévrier sloughi qui l’accompagne, lape un peu d’eau sous la roche. Lalla Zninia découvre ainsi une fente d’eau, la creuse et la transforme en un point d’eau pérenne. Elle décide alors de s’installer à proximité et de vivre en ascète. À quelques pas de là, elle aurait édifiée la première mosquée de la ville, entre le XIIe et le XVe siècles et serait enterrée en son sein. L’oasis est née.Plus tard, la source d’eau est aménagée en un bassin permettant une sédentarisation croissante des pasteurs autour d’une agriculture oléicole et vivrière.

Une figure féminine au coeur de luttes symboliques

Les femmes entretiennent la mémoire de cette figure féminine. Elles avaient pour habitude de multiplier les rituels de fertilité sous son patronage. Ainsi, la veille d’un mariage, les jeunes filles qui ont préparé les repas,se rendent à la source avec toutes les épluchures parmi lesquelles est glissé un bracelet en argent. Le tout est jeté dans le bassin. La première qui trouve le bracelet habille la mariée. Par ailleurs, une semaine après la noce, la jeune mariée vient y puiser un peu d’eau pour confectionner le premier pain qu’elle apportera à ses parents. Enfin,certaines femmes venaient aussi y prélever un nombre de petits galets équivalent au nombre d’enfants qu’elles souhaitaient avoir. Pour ces femmes, Lalla Zninia était de noble ascendance, parfois venant de loin, parfois réfugiée des montagnes environnantes soit du pays des Ayt Baamrane ou des Idaw Baaquil. Ces nombreux rituels, mais aussi la promotion de Tiznit au rang de cité par le sultan, ont favorisé l’émergence d’autres versions désenchantées du mythe. Le nom de la sainte (Zninia) a été associé à la racine arabe (zna)renvoyant à l’adultère pour faire de la jeune femme,une pècheresse repentie. Cette version, plus sulfureuse,portée d’abord par les oulémas (docteurs en religion),très critiques vis-à-vis des rituels de fertilité, a rencontré un fort écho.Ainsi, en 1953, Odette du Puigaudeau, écrit dans un article faisant la promotion de la ville: «Tiznit, douce oasis aux eaux chantantes, née des larmes d’une jeune fille, Lalla Tiznia, l’ancêtre des cheikhat ». De même, en1984, Khaïr Eddine, dans Légende et vie d’Agoun’chich note : “on racontait qu’elle (Tiznit) avait pour fondatrice une prostituée repentie. Elle était venue du Sahara accompagnée d’une chienne. Elles mouraient de soif depuis des heures. À un moment, la chienne disparut et finit par revenir toute trempée. Elle conduisit aussitôt sa maîtresse à l’emplacement d’une source abondante et pure. Alors l’ancienne prostituée tira un trait sur son passé dissolu, s’installa sur les lieux et devint une sainte irréprochable. Personne n’a jamais pu vérifier cette légende, mais Agoun’chich y croyait.”Or, en anthropologie, la figure de la source, de la fécondité et donc de la femme sont souvent réunies pour signifier la vie et le renouvellement. Par ailleurs,l’étymologie du lieu (Tiznit) et du prénom de la jeune fille (Zninia) s’articulent autour d’une même racine tachelhit zni allitération de sni qui renvoie à l’étendue d’eau. Tiznit signifiant alors la “petite étendue d’eau” et Lalla Zninia,”la dame de l’étendue d’eau”.

Une histoire de l’ancienne source de Tiznit

La source de Tiznit est nourrie par un ensemble de chenaux karstiques. Cette particularité géologique l’a fragilisée au cours de l’histoire, car à tout moment un chenal pouvait être percé en amont. Par conséquent, la source qui était une manne providentielle devint une ressource disputée, engendrant de nombreux conflits régionaux.

La source dans les archives

L’une des archives les plus anciennes qui évoque la source de Tiznit date du milieu du XVII e siècle. C’est un registre commercial (diwan) du chef de la maison d’Iligh, Boudmia Abou Hassan. En effet, ce dernier a acheté une grande partie des possessions foncières et hydrauliquesde l’Azaghar et en particulier dans la Targa de Tiznit. En 1739, un jugement (fatawa) est prononcé par El Abassi suite à un conflit entre les Oulad Jerrar et les Ahl Tiznit sur l’alimentation de la source de Tiznit depuis l’Aïn Reggada. Ce type de conflit se répètera en 1911. Au début XIXe siècle, lors de la construction de la kasbah makhzenienne par le Caïd Mohamed Aghenaj, face à la source, une nouvelle résurgence est découverte. Elle est alors reliée au bassin historique. Quelques années plus tard, en 1811, l’Aïn aqdim est au centre d’un conflit entre Tiznit et Iligh du Tazerwalt. Après le départ du caïd Aghenaj,  Sidi El Hachem, le chef d’Iligh, fait le siège des villages fortifiés. Il exige de se faire raser la tête avec l’eau de la source, un acte considéré comme une humiliation pour les habitants de Tiznit.

Le conflit avec les Ouled Jerrar

En 1911 débute un long conflit autour de la source. Undes chenaux souterrains qui l’alimente est découvert sur les terres Reggada par Mbark Ben Ahmed Nabzari Argadi. Dès lors, le caïd Âyad d’Ouled Jerrar bouche le chenal afin de détourner une partie de l’eau à son profit. Le débit de la source de Tiznit s’effondre. Les habitants exigent réparation. Le débit est alors restitué.Cependant, le 20 juin 1918, en plein mois de ramadan,le caïd Âyad obstrue la source, la ville de Tiznit se trouve alors pratiquement privée d’eau. Une grande agitation se manifeste chez les habitants et le caïd Tayeb el Goundafi,missionné par le sultan et le pouvoir colonial pour tenir la région, perçoit cela comme une véritable provocation.Il décide alors d’intervenir militairement avec sa mehalla(armée). L’officier français Justinard détaché à Tiznit parle service des renseignements, intervient alors auprès du caïd des Oulad Jerrar. Il obtient de ce dernier la réouverture de la source. Une rencontre entre les deux partis sous l’arbitrage de Justinard dans la région de Bousnsar permet de régler le problème.

La mobilisation des ressources au profit des usages urbains

Le 25 novembre 1926, le capitaine Roussillon passe un accord avec le caïd Âyad pour construire un canal en surface afin d’alimenter Tiznit en eau depuis OuledJerrar. Un tiers de l’eau au profit du caïd Âyad et deux tiers pour les Ahl Tiznit. Ce nouveau canal marginalise la source ancienne qui a un débit très inférieur et surtout permet aux autorités de contrôler la répartition de l’eau.Ainsi, elles organisent une redistribution du débit de l’eau à leur profit : le tiers de la part des Ahl Tiznit est désormais consacré à alimenter les administration et les jardins coloniaux. Mbark Bou El Bakour l’un des Inflas (représentants) de Tiznit s’oppose au projet et est condamné à un mois de prison et 40 riyals d’amende.La part dédiée aux usages urbains est croissante et en 1976, le système de la tanast (clepsydre) est abandonné.Cependant, les ayants droit historiques restent mobilisés et en 2004, ils créent l’association Abrinaz pour la gestion de l’eau de Targa.

 

Pour accéder à l’ouvrage : Tiznit Ain Aqdim Goeury Naji Boumzgou 2016

Crédits photographiques :

Images d’archives et cartes postales : Collection Ahmed Boumzgou, Collection de cartes postales du Maroc de Joseph Brunet-Jailly et photographies de Tiznit de la Maison de la Photographie de Marrakech MPM, © tous droits réservés. Que toutes les personnes qui nous ont permis d’utiliser leurs fonds soient chaleureusement ici remerciées, notamment Patrick Mana’ch, Hamid Mergani et Frédéric Jenny.

Photographies contemporaines : © David Goeury tous droits réservés. Reproduction interdite.

Cartes : © David Goeury tous droits réservés. Reproduction interdite.

Iconographie et plans : © Agence d’architecture Salima Naji tous droits réservés. Reproduction interdite.

 

Tiznit en 1971 : photo aérienne

 

Les années 1970 marquent une transformation radicale de la ville de Tiznit. Celle-ci devient un chef-lieu de province en 1975 et connaît alors une très forte croissance démographique.

Une ville nouvelle est progressivement bâtie à l’ouest de l’ancienne médina pour accueillir toutes les administrations, les logements des fonctionnaires et un nouveau quartier commercial.

La ville de Tiznit sort alors de ces limites historiques : les murailles sultaniennes édifiées à partir de 1882.

Par ailleurs, l’eau de la source de Reggada est progressivement détournée de la palmeraie au profit des nouveaux quartier et de l’eau potable. Le périmètre irrigué historique connaît alors une profonde mutation. L’oliveraie est abandonnée tandis que de nouvelles exploitations plus au nord se développent grâce à l’équipement des puits historiques avec des motopompes.

L’image aérienne ci-dessous présente un ultime état des lieux avant ces changements.

Photo_aerienne_Tiznit_1971

La ville nouvelle reste encore très modeste alors qu’en revanche le périmètre irrigué se déploie au nord de l’ancienne médina.

Il est possible de clairement distinguer l’oliveraie, Targa n’Zit, de Targa n’Oussenghar, où sont cultivées céréales et légumineuses.