Tous les articles par Zakaria Kadiri

Trajectoires d’ouvrières agricoles au fil de l’eau usée : entre précarité et réinvention

 / Trajectories of female farm workers working with waste water: between precariousness and reinvention

Par Hind FTOUHI

6e Congrès des études sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans du GIS MOMM
Strasbourg, 26 juin 2025

Géohistoire environnementales. Passé, présents, et futurs des relations multi spécifiques (humains, animaux, végétaux et autres) face au réchauffement climatique

Partie 2 :Des femmes et des hommes qui inventent de nouveaux modes de produire et de vivre dans un environnement en transformation

Résumé en français

Située dans le sud-ouest du Maroc, la ville de Tiznit est entourée d’espaces oasiens où l’agriculture constitue une activité essentielle, bien que fragile. Cependant, les effets des changements climatiques, notamment la sécheresse et la pénurie d’eau, ont conduit à l’abandon de nombreuses parcelles agricoles. Depuis 2006, la création d’une station d’épuration des eaux usées puis la mise en service d’un système de filtration et d’un réseau de distribution de l’eau épurée en 2020 a favorisé la culture de la luzerne créant une demande en main-d’œuvre, principalement féminine. Cette communication analyse les trajectoires des ouvrières agricoles et leur rôle dans la prise en charge des besoins de leurs familles à travers des entretiens qualitatifs effectués auprès d’une dizaine de femmes. Nos résultats montrent :

i- que ces ouvrières sont majoritairement issues du milieu urbain et ne sont pas propriétaires de terres,

ii- l’existence d’une hiérarchisation au sein des ouvrières agricoles elles-mêmes, avec des cheffes d’équipes (“patronas”) supervisant d’autres travailleuses,

iii- leurs parcours sont souvent marqués par une expérience dans les grandes exploitations agrobusiness de la région de Chtouka, qu’elles abandonnent parfois préférant travailler « près de chez-elles »,

iiii- une organisation dans le temps et dans l’espace à travers la mise en place d’un réseau de connaissances avec les agriculteurs locaux.

Ces femmes nous permettent alors d’apporter un regard sur les conditions de travail des ouvrières dans les nouvelles exploitations agricoles mobilisant des ressources hydriques non conventionnelles.

Les femmes, actrices clés dans le maintien des oasis au Maroc / Women, key players in maintaining Morocco’s oases

Par Lisa BOSSENBROEK 

6e Congrès des études sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans du GIS MOMM
Strasbourg, 26 juin 2025

Géohistoire environnementales. Passé, présents, et futurs des relations multi spécifiques (humains, animaux, végétaux et autres) face au réchauffement climatique

Partie 2 :Des femmes et des hommes qui inventent de nouveaux modes de produire et de vivre dans un environnement en transformation

Résumé en français

Dans les oasis du Maghreb, le rôle des femmes reste souvent invisible, bien que leurs activités contribuent de manière significative à l’économie et à la société. Cela s’explique, en partie, par l’invisibilité de leur travail, souvent peu reconnu ou valorisé, tant dans les politiques publiques que dans les recherches académiques. Pourtant, des études récentes menées au Maroc, en Algérie et en Tunisie mettent en lumière leur contribution essentielle aux dynamiques qui façonnent ces espaces. À partir d’un travail ethnographique réalisé sur plusieurs années, nous analysons le rôle des femmes dans le maintien de l’agriculture oasienne, dans un contexte marqué par des changements de différentes natures tels que la rareté de l’eau, les migrations ou encore l’urbanisation. En étudiant trois contextes spécifiques : les éleveuses de vaches laitières dans les oasis de Tiznit, les agricultrices et les femmes entrepreneures dans les vallées du Drâa et du Todgha, nous montrons que ces femmes jouent un rôle central dans les activités agricoles et d’élevage, indispensables à la viabilité des exploitations. Nos résultats montrent aussi que les femmes oasiennes s’investissent dans des projets individuels et collectifs pour valoriser les produits locaux, générer des revenus pour leurs familles et mettre en avant leurs savoirs. Ces initiatives participent non seulement à rendre visible leur travail, mais aussi à garantir la continuité et l’évolution des espaces oasiens. Par leur dynamisme, ces femmes favorisent l’émergence de nouveaux services liés au secteur agricole, démontrant ainsi leur rôle pivot dans le maintien des espaces oasiens.