Par Marc Breviglieri, Hind Ftouhi, Imen A. Landoulsi, Mohamed Mouskite et Noha G. Said
Le geste naturel et heureux d’appropriation de l’espace bâti figure sans doute parmi ce qui doit être retenu en faveur de l’architecte. Mais comment appréhender ce geste d’appropriation ? Comment donc, en complément du récit de l’architecture, s’appréhende un premier contact, puis se trace le chemin des habitudes qui finit par fonder un ancrage sensible au lieu ?
Après la mise en texte des impressions sur le vif des chercheurs, Zakaria Kadiri, Nasser Tafferant, Jean-Paul Thibaud et Khadija Zahi, voici illustrée par l’image et le son l’ambiance de la bergerie urbaine à l’approche de l’Aïd el kebir.
Par Zakaria Kadiri, Nasser Tafferant, Jean-Paul Thibaud et Khadija Zahi.
Dans cet article, nous nous proposons de restituer des observations d’une rue marchande de la médina de Tiznit – l’avenue Sidi Abderahmane (dite Fouq el oued)-, à l’approche de la fête de l’Aïd el kebir. Notre cheminement nous conduit à explorer l’ambiance d’une bergerie dans laquelle sont vendus des moutons. L’équipe se compose de quatre sociologues ayant des degrés de familiarité différents au terrain. Le défi est de mettre à l’essai des outils d’observation et des modalités de l’expérience partagée du sensible. Ce peut être par une attention portée aux regards, aux sons, aux souvenirs et aux émotions.
Les enjeux de la restauration de la source Aïn Aqdim (Aïn Zerka) sont intimement liés à la question de la réappropriation d’un espace public urbain par son usage. Il est question d’un niveau d’appréhension qui inscrit l’acte architectural au cœur de plusieurs énigmes sociologiques fondamentales : comment constituer la suture affective qui tiendra lié l’habitant à ce lieu, comment à la fois rénover des usages anciens et en établir de nouveaux, comme réintroduire des lignes de sens partant de la présence de l’eau et de sa valorisation hydraulique ? Continuer la lecture de Herméneutique urbaine→
Enfant lisant le panneau de présentation de la source historique de Tiznit
Dans le cadre du projet de réhabilitation, des panneaux signalétique bilingues de présentation du centre historique de la ville ont été installés. L’enfant lit ici attentivement le panneau présentant les étapes historiques d’aménagement successifs de la source depuis la période coloniale.
L’absence d’information accessible au grand public a marginalisé le lieu. Désormais, les habitants et les visiteurs se réapproprient l’histoire des lieux à l’image de cet enfant qui a lu le panneau durant une dizaine de minutes.
Ce court extrait a été pris incidemment vers 10h30 un soir de ramadan. Un groupe de femme s’est approchée de la source pour s’y laver les mains, les avant-bras et le visage. Nous ne souhaitons pas ici formuler une interprétation abusive. Nous notons seulement que le nouveau dispositif architectural avec le bassin surplombant la chute d’eau permet aux habitants et visiteurs de renouer avec le contact de l’eau de la source.
De nombreux rituels existaient et ont été suspendus avec la modernisation du bassin et sa fermeture par une grille. La question est de savoir si ces rituels peuvent réapparaître dans le contexte actuel et si oui, sous quelle forme.
La municipalité a aménagé un terrain de football de quartier sur les terres abandonnées du sud de l’oasis, à proximité de la porte de la médina (Bab Targa) pour faire reculer le front de déchets qui s’y accumule.
LA SOURCE BLEUE ET L’URBANISATION DES OASIS DE MEDITERRANEE